La conscience écologique

Le temps d’une écologie entière

Ces derniers mois, de rendez-vous en rendez-vous, j’ai souvent entendu : « ce n’est pas la dimension spirituelle du projet que l’on retient, mais plutôt son écologie, l’impact environnemental et social, les emplois créés, l’urbanisme innovant, le jardin en permaculture… »

Je comprends cette réticence à parler de spiritualité et pourtant je suis à chaque fois surprise.

Cette dimension pudiquement écartée (parce qu’on ne la maîtrise pas? parce qu’elle est trop personnelle ?) est pourtant essentielle. L’écologie ne se limite pas au lien avec la nature, elle contient tous les aspects de notre vie physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle. Cela va au-delà de toutes les institutions religieuses ou pensées New Age.

Reconnaitre sa dimension intérieure

Les divisions dans le monde sont l’expression de nos propres divisions internes. Nos problèmes resteront sans solution aussi longtemps que nous continuerons d’ignorer notre dimension intérieure.

Nous n’allons pas, par miracle tout à coup, respecter le vivant sans avoir appris à connaître notre vraie nature, à voir notre cosmos intérieur avec tout ce qui l’habite de désirs, de besoins, de pulsions, de peurs, de manques, de résistances, d’émotions refoulées, mais aussi de paix, d’altruisme et de compassion.

Les pollutions sont aussi intérieures, produites par nos pensées, nos systèmes de croyances, nos habitudes. En prendre conscience, les reconnaitre et choisir de cultiver délibérément l’amour, la compassion, etc., est une des grandes forces de l’être humain et un des premiers vecteurs de transformation.

Pourtant, actuellement, cultiver ces qualités fondamentales et innées est exclu de l’éducation, confiné au domaine de l’intime et de la vie privée. Leurs pratiques dans la vie publique, dans les relations sociales ou professionnelles passent pour déplacées ou naïves. « Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours. La vie, la vraie, n’est pas comme cela ». 

En réalité, ces qualités sont la source du vivre ensemble et de la coopération dont nous avons plus que jamais besoin.

Retisser les liens

Admettre simplement le besoin d’harmonie ne suffit pas. Développer telle ou telle méthodologie dans la prise de décision pour éviter d’être en conflit est un bon début, mais ne suffit pas davantage.

Il existe quantités d’exercices très concrets pour apprendre à se relier à soi et à l’autre. Nous ne sommes juste pas habitués à les pratiquer car notre éducation a privilégié un canal d’apprentissage qui met à distance le corps, les émotions, l’énergie, ou tout ce qui est non visible et non mesurable.

En développant peu à peu notre dimension intérieure, les mots comme harmonie, paix ou écoute, si souvent prononcés, s’incarnent dans les gestes et pratiques quotidiennes. Nous intégrons subtilement la conscience de l’interdépendance entre toutes les formes de vivant et alors l’écologie n’est plus un paradigme parmi d’autres, mais vécue de l’intérieur, reliée à l’expérience et au sens de la vie qu’elle révèle.

En guise de conclusion

La rencontre avec soi n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Quelque soit notre champ d’actions, nous ne pouvons dissocier notre vie spirituelle de notre vie quotidienne. Elles se nourrissent l’une de l’autre et se complètent dans un tout cohérent.