Shwe Oo Min Forest Center

Avril 2015

Un monastère près de Yangon

MONASTERE PLANTESOn l’appelle le monastère de la forêt, mais il ne reste que quelques arbres au bout d’une route de terre et de poussière. Venant du Yangon et de son univers de béton, ce qui me frappe en arrivant est le très grand soin accordé aux plantes.
Ensuite, c’est la sensation de chaleur qui me saisit. Le Myanmar a un climat de type tropical et bien que nous soyons toujours en saison sèche et « fraîche », il fait déjà une trentaine de degrés en février. Avec la chaleur, s’installe la lenteur où les gestes sont économisés.
Ce qui me surprend aussi est que le lieu n’est pas particulièrement silencieux. D’abord il y a un gros chantier de construction à l’intérieur du monastère et l’on méditera souvent avec un bruit de scie circulaire en arrière fond. Et puis nous sommes au cœur d’un village et quand quelqu’un met de la musique, elle hurle sur les hauts parleurs. « Ici, on travaille avec les sons » me dit-on. C’est un parti pris très assumé que j’ai trouvé assez intéressant : nous ne sommes absolument pas dans une bulle déconnectée de la vie.

Le monastère est traversé par une allée centrale et tout autour s’organisent les espaces de vie : 4 bâtiments pour les femmes et 2 pour les hommes, le hall de méditation, la salle des repas, etc. Ils sont reliés par des passerelles de planches de bois couvertes pour nous protéger des ardeurs du soleil.

MONASTERE PASSERELLESNous sommes près de 250, moines et nonnes, retraitants birmans ou étrangers venant de Singapour, Malaisie, Chine, Vietnam et Corée. Une poignée d’occidentaux : US, Angleterre, République tchèque, … je suis la seule française. La plupart des personnes ont déjà une grande pratique de la méditation et viennent en retraite dans ce lieu pour une longue durée qui va de 1 à 6 mois.

MONASTERE CHAMBRELes chambres sont simples. Je passe la première heure à enlever les toiles d’araignée tandis que les personnes qui partagent le bâtiment où nous logeons, défilent pour me souhaiter la bienvenue et me donner quelques conseils : comment enlever les puces du matelas, comment boucher les trous des fenêtres pour éviter que les moustiques ne soient trop nombreux, ne jamais oublier de bien secouer ses chaussures à chaque fois avant de les enfiler car il y a de petits scorpions, les coins qu’il est préférable d’éviter car on y voit parfois des serpents venimeux et quelqu’un s’est fait piquer le mois dernier… Je précise que là j’ai du avoir l’air un peu ébahie car la femme qui me racontait cela très tranquillement, m’a dit: « pas de soucis à se faire, nous avons des injections anti venin que nous laisserons à la clinique en partant ».

On me donne aussi, comme une relique, un petit bout de papier plié sur lequel est noté un code de wifi.
(Je fais une aparté car c’est une de mes plus grandes surprises en redécouvrant le Myanmar 15 ans après. Ce pays qui n’a pas l’eau potable et où l’électricité saute en permanence, s’est développé en matière de téléphonie mobile de façon incroyablement rapide depuis l’ouverture du pays. A Yangon, tous ont des smartphones. Même les moines, du plus jeune au plus vieux, que l’on voit penchés sur leurs écrans.)

Donc au monastère, certains jours à certaines heures, il y a un petit filet d’ondes qui passent. L’information se répand alors comme une traînée de poudre: « wifi is on » et l’on voit des grappes de gens se regrouper près de l’endroit où le signal est le plus fort. On capte très mal, mais ce moment est assez convivial.

MONASTERE BOUDDHA TREE

En matière d’architecture, si ce monastère là n’a rien de particulier, certains endroits sont sacrés. Il y a par exemple le « bouddha tree ». Ou encore, un espace avec un autel portant des statues de bouddhas, devant lequel les moines viennent chanter tous les jours pour que les statues se chargent et deviennent « vivantes ». C’est un peu le cœur du monastère.

MONASTERE COEUR

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